économie circulaire ou économie de la fonctionnalité

Economie circulaire et lutte contre le gaspillage

 

L’économie circulaire revient …

économie circulaire ou économie collaborative

Un projet de loi sur l'économie circulaire est présenté ce 10 juillet en conseil des ministres. Il  devrait ensuite être discuté au Sénat puis à l’Assemblée Nationale, et si tout va bien, faire l’objet d’une loi début 2020 … dans l’attente ensuite des décrets d’application.

 

L’ambition de ce projet est de renforcer la responsabilité des producteurs et limiter le gaspillage. Il est placé sous l’angle de la gestion des déchets, ce qui peut être un peu réducteur. Malgré tout, l’on avance globalement vers une consommation de plus en plus durable et responsable.

 

Côté responsabilité des producteurs, l’article du journal Le Monde nous apprend qu’il existe 14 filières REP (Responsabilité Elargie des Producteurs). D'autres filières seront créées à partir de 2021 : articles de bricolages et de jardin, articles de sport et de loisirs, jouets, produits du tabac … L’objectif est de rendre les industriels réellement acteurs et responsables de ce qu’ils produisent.

 

Côté lutte contre le gaspillage, le projet prévoit des « indices de réparabilité ». Ils seraient visibles sur les produits. De plus, l’information du consommateur sur la disponibilité des pièces détachées et celles issues de l’économie circulaire devraient être privilégiées. Nous devrions être incités à ne pas acheter un produit non réparable. Ainsi, le développement de l'économie circulaire serait encouragé.

 

A suivre, donc !

 

En savoir plus :

L'économie circulaire bientôt présentée au Sénat et à l'Assemblée nationale

 

Définition de l’économie circulaire

 

Comme un serpent de mer, cette forme d’économie revient de temps en temps. Ce « nouveau modèle à vision systémique » comme l’écrit wikipédia dans sa définition de l'économie circulaire est simple à comprendre mais complexe à mettre en œuvre.

 

Sauf si l’on se dit qu’un petit geste quotidien est un bienfait pour l’humanité ! Dans ces conditions, l’économie circulaire est à notre portée. Cette économie de l’usage (ou économie de la fonctionnalité) est le symbole même d’une chaîne de comportements qui peut se déployer à l’infini.

 

Cette façon de consommer et de produire est aussi une façon de "faire-ensemble". Toute la planète peut partager cet effort. L’exagération est à peine voulue.

 

Pour éviter l’épuisement des ressources naturelles, supprimer l’obsolescence programmée, réduire le gâchis et les déchets, sans aller jusqu’au zéro déchet, l’économie circulaire est l’une des solutions.

 

Déjà dans un article écrit en 2015, j’évoquais les 7 piliers de l’économie circulaire. Ces 7 piliers sont modélisés selon 7 logiques de production et de consommation, complémentaires entre eux. C’est toujours le cas aujourd’hui.

 

Produire – consommer – jeter : ce mécanisme est parfaitement expliqué dans cet article du Journal Le Monde auquel je vous renvoie.

 

Article "Des Décodeurs"

les-decodeurs : dechets-recyclage-reutilisation-qu-est-ce-que-l-economie-circulaire

 

Economie circulaire, économie collaborative, économie sociale et solidaire ...

 

Le modèle de l’économie collaborative peut tout à fait inspirer les start-ups solidaires prêtes à se lancer vers ces débouchés prometteurs.

 

Les principes de l’économie sociale et solidaire (ESS) et leurs structures juridiques respectueuses des valeurs et du travail de chacun sont une solution.

 

Ce potentiel de développement permet de découvrir des modèles économiques innovants, où management participatif et intelligence collective donneront tous leurs sens.

 

 

 

Une nouvelle définition du commerce équitable

 

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En Suisse et en Grande-Bretagne, les consommateurs ont dépensé respectivement 41 et 35 euros pour des produits issus du commerce équitable en 2012, contre 6 euros en France. C’est dire si le commerce équitable a une marge de progression en France.

Le décret du 17 septembre 2015 a pour ambition d’étendre le label « commerce équitable » aux relations Nord/Nord en lui donnant une nouvelle définition et un nouveau cadre juridique. Ce décret complète l’article 60 de la loi n° 2005-882 du 2 août 2005 (dite « Dutreil 2 ») qui intégrait le commerce équitable parmi les textes législatifs mais en le limitant aux échanges Nord/Sud, c’est-à-dire entre pays en voie de développement et pays développés.

Dès le 1er octobre 2015, date d’entrée en vigueur du décret du 17 septembre 2015 pris en application de la loi sur l’économie sociale et solidaire (ESS) du 31 juillet 2014, le commerce équitable concernera aussi les relations Nord/Nord.

Le décret précise la notion de « désavantage économique », déjà mentionnée dans la loi ESS. Seront considérés en désavantage économique, les « travailleurs » qui opèrent en faveur du commerce équitable et qui se trouvent dans l’une ou l’autre de ces situations :

a) ceux qui n’ont pas accès aux moyens économiques et financiers et à la formation nécessaires pour leur permettre d’investir dans leur outil de production et de commercialisation ;
b) ceux qui sont en situation de vulnérabilité spécifique du fait de leur environnement physique, économique, social ou politique ;
c) ceux dont les productions sont liées aux ressources et spécificités de leur territoire et qui n’ont accès habituellement qu’au marché local pour la distribution de leurs produits.

Dès lors, les contrats devront garantir une stabilité de la relation avec les clients (par une période d’essai non reconductible d’une durée maximale d’un an, par exemple), un prix permettant de couvrir les coûts de production, d’assurer des moyens de subsistance suffisants pour les travailleurs et leur famille, de dégager une marge permettant d’investir pour améliorer les outils de production et de commercialisation.

Une commission à venir devra définir les systèmes de garantie et les labels « commerce équitable ».

Pour Martine Pinville, la secrétaire d’Etat chargée du commerce, de l’artisanat, de la consommation et de l’économie sociale et solidaire :

« L’ambition du Gouvernement est de conforter la confiance des consommateurs dans le label commerce équitable et de déverrouiller son potentiel en ne le réduisant pas à un échange Nord/Sud. En étendant sa définition aux échanges commerciaux Nord/Nord, nous encourageons les circuits courts et les emplois dans nos territoires, et nous renforçons la  confiance des « consomm’acteurs » dans leur acte d’achat solidaire. Acheter équitable, c’est consommer des produits de qualité, tout en aidant des travailleurs à vivre de leur production et à s’autonomiser. » 

 

Décret n° 2015-1157 du 17 septembre 2015, JO 19 septembre.

les 7 piliers de l'économie circulaire

L’ADEME définit l’économie circulaire par 7 piliers

 

Pour l’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (ADEME), 3 types d’actions décrivent l’économie circulaire :

 

  1. La production et l’offre de biens et de services des acteurs économiques,
  2. La consommation par la demande et le comportement des consommateurs,
  3. La gestion des déchets.

 

Elles forment un cycle. Si elles sont respectées, elles permettent de dépasser l’économie linéaire :

 

  • extraire, produire, consommer puis jeter, pour arriver à l’économie circulaire 
  • augmenter l’intensité de l’utilisation des ressources 
  • recycler pour éviter de gaspiller.

 

Cette nouvelle approche vise aussi à diminuer l’impact environnemental.

 

Jeremy Rifkin, économiste et sociologue américain, a modélisé l’économie circulaire. Pour lui, elle fait partie de la troisième révolution industrielle. Celle-ci combine le numérique, l’énergie et les matières.

 

L’économie circulaire comporte un processus qui passe par  7 « piliers » :

 

1 – L’Éco-conception consiste à minimiser l’impact environnemental dès l’élaboration du produit.

2 – L’Écologie industrielle consiste à s’organiser pour optimiser l’usage des ressources (matières et l’énergie).

3 – L’Économie de la fonctionnalité consiste à privilégier l’usage à la possession.

4 – Le réemploi consiste à remettre dans le circuit économique les produits ne répondant plus aux besoins du 1er consommateur. Ils deviennent des biens d’occasion.

5 – La réparation consiste à réparer et remettre dans le circuit les biens cassés, qui ne fonctionnent plus 

6 – La réutilisation consiste à réparer ou démonter certains composants d’un produit. C’est trier et revendre les pièces encore en état de fonctionnement.

7 – Le recyclage consiste à réutiliser les matières premières issues des déchets. C’est réalisé en boucle fermée (produits similaires) ou en boucle ouverte (utilisation dans d’autres types de biens).

 

La demande et le comportement des consommateurs s’appuie sur une consommation responsable. Elle s’appuie aussi sur l’allongement de la durée d’usage. La gestion des déchets et des matières premières qui en sont issues, sont recyclées.

 

Du nouveau :

 

La loi n°2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte a notamment pour ambition de lutter contre le gaspillage et promouvoir l’économie circulaire.

 

Elle s’intéresse au cycle de vie complet des produits, de leur production à leur recyclage. Elle organise une hiérarchie des modes de traitement des déchets, en fixant des objectifs précis. Par exemple, le traitement des déchets doit être réalisé au plus près de leur production pour en limiter le transport. Cela contribue à la transition vers l’économie circulaire.

 

Pour lire le texte de loi :

Loi transition énergétique pour la croissance verte

 

 

Qu’est-ce que l’innovation frugale ?

P1070152 jNavi Radjou, qui a écrit l’innovation Jugaad, vient de consacrer un livre sur l’innovation frugale *

Il explique que les entreprises, quelle que soit leur taille, peuvent utiliser les principes de l’économie du partage, de l’économie circulaire, du mouvement des Makers, pour produire mieux, dans le respect de l’environnement et pour moins cher.

Par exemple, elles peuvent s’organiser en réseaux pour acheter à plusieurs et moins cher. Elles peuvent créer des synergies pour que les déchets des unes soient récupérer par les autres, au lieu de s’en débarrasser en les jetant. Les produits peuvent être plus simples de conception, donc moins couteux à produire et utilisant moins de ressources naturelles. Les produits peuvent être conçus dans l’optique d’être décomposés et réutilisés en fin de cycle.

Sur le plan des ressources humaines, en réfléchissant à une meilleure organisation du travail permettant de travailler moins et plus efficacement. Si les salariés sont plus autonomes dans leur travail, s’ils ont plus de pouvoir, ils pourront libérer leur créativité et réfléchir à des façons de travailler moins tout aussi efficacement.

Les entreprises seront alors en phase avec ce mouvement global vers une quête de valeurs et l’envie de faire mieux avec moins.

Le coût de l’innovation peut baisser grâce aux fablabs, aux composants open source, entre autre. Le financement est plus accessible avec les plateformes de financement participatif.

Navi Radjou rapproche la frugalité volontaire de la « sobriété heureuse » de Pierre Rabhi.

Et considère que la frugalité est devenue une vertu, à cultiver en réponse aux changements profonds des valeurs pour vivre pleinement des expériences sociales. C’est une tendance de fond que les entreprises devraient s’approprier avant que leurs clients ne les lâchent.

* L’innovation frugale, comment faire mieux avec moins de Navi Radjou et Jaideep Prabhu, Diateino mars 2014.