la démocratie participative pour tous

Démocratie participative

Démocratie participative : des exemples, des logiciels libres et des questions

Démocratie participative à Barcelone

 

 

A Barcelone, une plate-forme numérique participative est utilisée pour associer les habitants à la politique de la ville. Cette plate-forme fonctionne sous le logiciel libre créé sous le label Decidim https://decidim.org/.

 

Cette démarche est d’autant plus originale qu’elle s’inscrit dans le cadre des « communs numériques » conçus sous licence libre au profit de tous.

 

Ainsi, tout est transparent car le code est ouvert avec la possibilité de mutualiser le logiciel. Les possibilités sont nombreuses. D’autres municipalités dans le monde peuvent en profiter. Le logiciel peut être amélioré selon les besoins des utilisateurs (mais dans une certaine, voir plus bas). L'outil peut être copié librement. Ainsi, l’argent public bénéfice à tous.

 

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/06/07/a-barcelone-un-modele-original-de-commun-numerique_5473033_3234.html

 

Logiciel libre et contrat social

 

 

L’utilisation du logiciel Decidim par la ville de Barcelone pose une question très stimulante. Ce qu'explique parfaitement Calimaq dans son blog www://scinfolex.com. C'est la notion de logiciel libre qui est revisitée. Merci de cette analyse ! Ainsi, les plateformes de participations citoyennes qui s’appuient sur des logiciels libres peuvent aller au-delà de la définition classique du logiciel libre.

 

Pour rappel, un logiciel libre est entièrement libre de toute utilisation, qu’elle que soit sa finalité. En effet, habituellement, quand un contrat social d'utilisation (la charte) est proposé, les personnes concernées représentent la communauté des développeurs.

 

C'est différent dans le cas du logiciel utilisé par la ville de Barcelone. Ses concepteurs imposent le contrat social non seulement aux développeurs mais aussi à tout utilisateur. Pour se faire, ils l’ont inclut dans les Conditions Générales d’Utilisation (CGU) de la plateforme. Le contrat est donc opposable à tous.

 

Extrait de la FAQ du projet, très claire : « Decidim est une plateforme de participation citoyenne faite avec les gens et pour les gens. […] vous n’avez pas à payer pour télécharger le logiciel et l’utiliser. Vous pouvez l’utiliser comme vous le souhaitez dans votre organisation, du moment que vous respectez notre Contrat Social ».

 

L’utilisation de ce logiciel libre porte comme limite à sa liberté le respect de la vision de ses concepteurs.

 

https://scinfolex.com/2019/05/09/le-contrat-social-de-decidim-vers-des-logiciels-libres-a-mission/

 

 

Démocratie participative à Montréal

 

 

Dans cet article, il est décrit une initiative de participation citoyenne à Montréal. Elle fonctionne depuis plus de 30 ans. Ce sont les "tables de quartier".

 

Créées grâce aux habitants et aux associations de quartier, elles ont pour rôle de proposer un diagnostic du quartier sur des questions prioritaires pour les usagers : transport, habitat, services de proximité, intégration des migrants, environnement…

 

Les citoyens deviennent co-acteurs et co-responsables du développement local. Ils sont de ce fait des interlocuteurs directs en lien avec les mairies d’arrondissement.

 

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/06/06/anne-latendresse-a-montreal-les-tables-de-quartier-font-vivre-la-participation-citoyenne_5472449_3234.html

La démocratie participative, déjà victime de son succès ?

 

 

Alice Mazeaud et Magali Nonjon, auteures du livre "le marché de la démocratie participative"  http://www.editions-croquant.org/les-collections/product/454-pdf-le-marche-de-la-democratie-participative analysent ce nouveau phénomène.  Pour elles, tout citoyen, et en 1er lieu les personnes éloignées de la vie publique, devraient pouvoir  se saisir facilement des questions de démocratie participative.

 

Ce n'est pas le cas. Le « pour qui » et  le « pourquoi faire » sont des questions passées au second plan au profit du « comment faire ». La question essentielle est devenue "Comment faire participer les citoyens, les habitants". La question de la méthodologie prime désormais sur la finalité.

 

Dans la foulée, un nouveau métier est apparu : l’expert participatif.  Ce nouveau domaine de compétence fait partie du conseil en management ou du bureau d’ingénierie, de l’intelligence collective, du développement personnel …

 

La démocratie participative devient dès lors l’affaire de professionnels qui la proposent comme une prestation de service banalisée, avec son offre et sa demande, essentiellement celle des collectivités locales. Les  procédures et les outils associés à ces réflexions se construisent petit à petit au détriment de la spontanéité de l’idée d'origine. Laquelle est, rappelons-le  : quelle participation des citoyens aux décisions ? Quelle transformation de la démocratie et ses institutions ?

 

http://www.lettreducadre.fr/17298/la-democratie-participative-devoyee-par-le-jeu-du-marche/

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/06/07/la-democratie-participative-un-marche-convoite_5473030_3234.html