Les monnaies locales complémentaires existent et pourraient même être encouragées.

Que ferait-on sans argent ?

Les monnaies locales devraient être encouragées

Un rapport sur les monnaies locales, dénommé « D’autres monnaies pour une nouvelle prospérité », avait été remis le 8 avril 2015 à Carole Delga, secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire, résultat d’une mission confiée à M. Jean-Philippe Magnen, vice-président la région des Pays de la Loire. 

Le titre du rapport est inspirant mais peut aussi être perçu comme un appel à l’aide. La prospérité, si elle peut vraiment exister aujourd’hui, passerait-elle par l’existence de monnaies locales ?

Les monnaies locales sont présentent un peu partout dans le monde 

En Grande Bretagne et au Canada, en Suisse, en Italie, en Allemagne, au Brésil, au Japon, et bien sûr, en France. Ces innovations monétaires ont été boostées par la crise des subprimes puis des dettes souveraines de 2008. 

Le flou juridique entoure un peu partout ces monnaies car en concurrence avec les modèles nationaux et le monopole des Etats. Une monnaie locale est souvent créée par expérimentation, poussée par un besoin citoyen, hors cadre monétaire. Or, il y a toujours beaucoup de méfiance pour des initiatives parallèles. 

En France, les articles L-311-5 et L-311-6 du Code monétaire et financier portent sur les « titres de monnaies locales complémentaires ». Ces deux articles sont un début, inspirés et en lien direct avec la loi n° 2014-856 du 31 juillet 2014 relative à l’Économie Sociale et Solidaire (dite loi ESS). Ils reconnaissent une existence légale à certaines de ces monnaies, en tant que titre de paiement. Mais, on est loin des initiatives citoyennes.

Dynamiser les échanges 

L’objectif affirmé des initiatives locales est le même, partout dans le monde : dynamiser les échanges et créer du lien social, thèmes universels.

Les monnaies locales peuvent prendre des formes très variées. En fait, il en existe autant que de projets locaux et se décomposent en 4 types, répondant à des initiatives et des besoins différents.

1 – Les monnaies locales « affectées » pour promouvoir une action précise, au profit d’un public bien identifié. L’exemple le plus emblématique en France est celui du titre-restaurant, qui a été créé en 1967 !

2 – Les monnaies locales « thématiques » pour favoriser des activités sur des sujets précis, comme des bons alimentaires pour les personnes les plus vulnérables.

3 – Les monnaies locales « business to business » tournées vers les échanges inter-entreprises. Elles ont pour ambition de favoriser les liens entre les entreprises participantes et compensent par exemple, un manque de liquidité.

4 – Les monnaies locales « classiques », les plus nombreuses. Elles sont dédiées à l’échange de biens et de services dans un réseau de prestataires (les commerçants participants) et d’utilisateurs (des consommateurs et des citoyens). Ce sont les monnaies locales dites « complémentaires » car achetées avec de la « vraie » monnaie légale et échangées dans un réseau « labellisé ».